Ma petite valise du pensionnat
Un texte de Marcel Petiquay – été 2007
Quand je suis parti pour la première fois pour le pensionnat, ma mère prépara avec soin ma petite valise. Elle prit soin de mettre tout ce dont j'aurais besoin. Mon linge, quelques jouets que je ne revis jamais. J'avais six ans pour ce premier voyage.
Dans ma petite valise, ma mère avait aussi mis tout l'amour qu'elle avait, sans oublier celui de mon père. Il y avait aussi des caresses de la tendresse, du respect pour moi et pour les autres, le partage et beaucoup d'autres qualités qu'elle m'avait enseignées.
Le voyage a duré 12 ans.
Lorsque je suis revenu à la maison, ma petite valise était lourde. Ce que ma mère y avait mis n'y était plus: amour, caresses, toutes ces belles choses avaient disparues. Elles avaient été remplacées par la haine, le rejet de moi, les abus de toutes sortes (alcool, drogue, abus sexuel), par la violence, la colère et des idées suicidaires.
C'est ce que j'ai transporté pendant longtemps. Mais j'ai fait le ménage dans cette valise. J'y ai remis tout ce que ma mère avait mis lorsque je suis parti la première fois: l'amour, le respect de moi et d'autrui et tout plein d'autres qualités.
Ha oui… J'y ai rajouté la sobriété et surtout la spiritualité. Ma petite valise est aujourd'hui très légère. Elle est pleine de bonnes choses que je peux partager avec toutes les personnes qui se trouvent sur mon chemin.
Peu importe la couleur de la peau, blanc, rouge, noir, jaune, nous sommes tous des ÊTRES humains, nous sommes tous des créatures divines.